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Le regard tourmenté, le cœur déchiré, l’âme fissurée … tels mots ne sauront jamais satisfaire la description de mes vrais sentiments éprouvés lors d’une simple comparaison entre les jeunes de mon pays et ceux du reste du monde.
Il se peut que mon Liban, appelé « pays des cèdres », aurait cru pouvoir accorder à tous ses enfants les qualités de ses arbres fiers et immortels. Ainsi, il a bien négligé les âges et les rêves pour faire de ses hommes, un seul, un qui ne fait plus attention aux années, ayant comme rêve : la vie. Puisque les jeunes de mon pays apprennent très tôt à devenir des hommes, non pas parce qu’ils ont le choix, mais suite aux devoirs exigés par la situation politique et économique qui n’épargne personne.
Cette situation qui n’a cessé, depuis de longues années, de se détériorer emportant les préoccupations normales de la jeunesse, les remplaçant par le dégoût, la morosité, et le tracas. Au moment où un européen hésite dans l’embarras du choix de la destination des vacances de l’été, le libanais se trouve perdu dans la jungle qu’il habite, où règne une seule loi, celle de la force.
Au moment où un grecque caracole d’une île à l’autre, le libanais se trouve emprisonné entre son travail et sa maison...
Pourquoi le fardeau du libanais est-il assez lourd et si accablant ? Quelle est sa faute pour vieillir avant de connaître la jeunesse et de jouir de ses fruits ?
Sa nationalité est son seul crime et son unique droit ! Pourtant jamais soumis, confiants en un futur prometteur, les jeunes de mon pays vont toujours croire pouvoir, un jour, vivre… vivre comme tous les autres, libres… assez libres pour se préoccuper des banalités de la vie… pour apprécier le coucher du soleil et se donner aux plaisirs, loin de toutes restrictions, sauvés de toute captivité.
C’est à cette jeunesse que je dis : voler vos droits violés!
Youmna Yammine
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